Sommaire

- Pourquoi le double menton apparaît-il ?

- Double menton, gonflement ou modification des tissus : comment faire la différence ?

- Comment agit le taping sur la zone du double menton ?

- Pourquoi le double menton ne dépend-il pas uniquement de la zone sous le menton ?

- Pourquoi préparer les tissus avant la pose ?

- Les erreurs à éviter avec le taping du double menton

- Précautions et contre-indications

- Exercice pratique : application de taping pour la zone sous-maxillaire

- Questions fréquentes (FAQ)

- Le conseil du cœur de Dorina ❤️

Pourquoi le double menton apparaît-il ?

Le double menton n’a pas une cause unique.  L’accumulation de graisse sous le menton est l’un des facteurs les plus connus, mais l’apparence de cette région peut en réalité être influencée par plusieurs phénomènes différents, qui peuvent être présents seuls ou se combiner chez une même personne.

Le premier facteur est l’accumulation de tissu adipeux. La région sous le menton contient naturellement du tissu graisseux dont le volume varie selon la morphologie, la génétique, le poids et son évolution. Une prise de poids peut donc augmenter le volume sous-mentonnier, mais une personne mince peut également présenter un double menton en raison de sa constitution anatomique et de la répartition naturelle de son tissu adipeux.

Le deuxième facteur est la ptose, c’est-à-dire la stagnation et l’accumulation de liquides dans les tissus. Lorsque les liquides s’évacuent moins efficacement et s’accumulent dans la région sous-maxillaire, ils augmentent le volume des tissus et peuvent donner au contour du menton un aspect plus gonflé. Cette composante liquidienne est différente d’un amas graisseux et demande donc une approche différente, notamment lorsqu’un travail de drainage est indiqué.

Le troisième facteur est la descente progressive des tissus. Avec l’âge, la peau et les tissus conjonctifs évoluent : leur organisation, leur élasticité et leurs propriétés mécaniques se modifient. Les tissus peuvent progressivement se déplacer vers le bas, la ligne mandibulaire devenir moins nette et l’angle entre le menton et le cou perdre de sa définition. Il s’agit ici d’une descente des tissus et non d’une ptose au sens utilisé dans ma méthode.

L’anatomie du visage joue également un rôle important. La forme de la mandibule, la projection du menton et la configuration de la région cervicale influencent naturellement l’angle entre le menton et le cou. Un menton peu projeté ou une mandibule en retrait peuvent ainsi rendre la région sous-mentonnière visuellement plus importante, même lorsqu’il existe relativement peu de tissu adipeux.

Les muscles, les fascias et la posture peuvent également modifier l’équilibre de cette région. La position de la tête, la mobilité cervicale ainsi que les tensions présentes au niveau de la mâchoire, du cou ou des trapèzes influencent l’organisation mécanique du bas du visage. Une tête régulièrement projetée vers l’avant, par exemple, modifie l’angle entre le menton et le cou et peut accentuer visuellement les plis sous-mentonniers.

Les variations importantes de poids constituent un autre facteur. Une prise de poids peut augmenter le volume du tissu adipeux sous le menton, tandis qu’une perte de poids importante peut laisser davantage de peau et de tissus moins soutenus dans cette région, ce qui modifie également son contour.

Le double menton est donc multifactoriel : tissu adipeux, ptose avec stagnation de liquides, descente des tissus, vieillissement, génétique, anatomie du menton et de la mandibule, posture et équilibre musculaire peuvent intervenir ensemble. C’est précisément pour cette raison qu’avant de choisir une technique ou une application de taping, il faut comprendre quel facteur prédomine chez la personne. Pour approfondir cette analyse, l’article sur comment éliminer le double menton naturellement explique pourquoi cette zone doit être travaillée à travers le drainage, la posture, le cou, l’ovale et les habitudes quotidiennes.

Infographie des causes du double menton

Double menton, gonflement ou modification des tissus : comment faire la différence ?

Lorsque l’on observe un volume sous le menton, la première question à se poser est : qu’est-ce qui crée réellement ce volume ? Une accumulation de tissu adipeux, un gonflement lié aux liquides et une modification de la position ou de la tonicité des tissus peuvent donner visuellement une apparence assez proche, mais ils ne correspondent pas au même phénomène. Plusieurs composantes peuvent également être présentes en même temps.

Lorsque le tissu adipeux prédomine

Le tissu adipeux sous-mentonnier forme généralement un volume relativement souple que l’on peut saisir entre les doigts. Lors d’une évaluation clinique, le professionnel observe la région, puis palpe les tissus afin d’apprécier la graisse sous-cutanée située entre la peau et le platysma. Il peut également demander une contraction du cou et du platysma afin de mieux distinguer ce qui relève du compartiment graisseux superficiel et ce qui dépend des structures plus profondes. Un volume qui reste relativement constant au cours de la journée et qui forme une épaisseur souple et saisissable sous le menton peut donc orienter vers une composante adipeuse. Cela ne signifie toutefois pas que la graisse soit nécessairement le seul facteur : elle peut être associée à une modification de la peau, des fascias ou de la position des tissus.

Lorsque le gonflement prédomine

Un gonflement lié à une accumulation de liquides présente une logique différente. La zone peut donner une impression plus diffuse, plus « gonflée », avec une sensation de lourdeur ou de tension des tissus. Dans l’évaluation clinique d’un œdème, la palpation permet notamment d’observer la consistance des tissus et la présence éventuelle d’un godet : lorsqu’une pression douce et maintenue laisse momentanément une petite empreinte dans le tissu, cela indique la présence d’un œdème prenant le godet. Ce signe est surtout caractéristique de certains œdèmes précoces ; il peut disparaître lorsque les tissus deviennent plus fibreux.

Les variations constituent également un indice intéressant. Un gonflement peut évoluer en fonction du moment de la journée, de la position, du sommeil ou de différents facteurs physiologiques. À l’inverse, un amas graisseux véritable tend à présenter une apparence plus stable à court terme. Il faut cependant rester prudente avec l’interprétation de ces signes au niveau du visage et du cou. L’évaluation du lymphœdème de la tête et du cou est complexe et il n’existe pas aujourd’hui un simple test visuel suffisamment fiable pour permettre à une personne de poser elle-même ce diagnostic.

Lorsque la position et la mobilité des tissus prédominent

Dans d’autres cas, ce n’est pas principalement le volume qui change, mais la façon dont les tissus se positionnent et dessinent le contour entre le menton et le cou. Avec l’âge et l’évolution des tissus, plusieurs phénomènes peuvent se combiner : laxité cutanée, modification de la graisse sous-mentonnière, changements du platysma, perte de définition mandibulaire ou encore descente de certaines structures. Le contour devient alors moins net et l’angle entre le menton et le cou moins marqué.

L’observation est ici différente. Au lieu de rechercher uniquement une épaisseur sous le menton, on regarde la qualité du contour : la peau paraît-elle moins tonique ? La ligne mandibulaire est-elle moins définie ? Les tissus semblent-ils descendre progressivement vers le cou ? L’apparence change-t-elle lorsque la tête et le cou retrouvent une position plus neutre et allongée ? La palpation apporte également des informations sur la mobilité des tissus : certaines zones peuvent être souples et mobiles, tandis que d’autres présentent davantage de densité ou une mobilité réduite entre les différentes couches. Cette logique rejoint l’approche qui permet de raffermir et retendre la peau du visage naturellement, en travaillant les fascias, la circulation, les tensions et la mobilité des tissus plutôt que seulement la surface de la peau.

Et très souvent, plusieurs facteurs se superposent

C’est probablement le point le plus important. Il n’existe pas toujours un double menton « graisseux », « lymphatique » ou « tissulaire » parfaitement isolé. Une personne peut présenter simultanément une certaine quantité de tissu adipeux, une perte progressive de définition de l’ovale et, certains jours, davantage de gonflement. La posture de la tête, les tensions de la mâchoire et du cou ainsi que la mobilité des tissus peuvent encore modifier l’apparence de cette région. Il est donc plus juste de rechercher la composante dominante plutôt que de vouloir absolument classer le double menton dans une seule catégorie.

Cette distinction est particulièrement importante avant de choisir une application de taping. Si le gonflement prédomine, l’approche pourra davantage s’orienter vers le drainage. Si les tissus manquent de mobilité ou que leur position s’est modifiée, le travail tissulaire et myofascial prendra davantage de place. Et lorsqu’une composante adipeuse importante est présente, le taping sera intégré dans une approche plus globale associant les différentes techniques adaptées à cette situation. Enfin, un gonflement sous la mâchoire qui apparaît brutalement, devient douloureux, persiste ou forme une masse localisée ne doit jamais être interprété simplement comme un double menton esthétique. Dans cette situation, il est nécessaire d’en rechercher l’origine auprès d’un professionnel de santé avant d’utiliser le taping.

Comment agit le taping sur la zone du double menton ?

L’action du taping sur le double menton dépend directement des structures qui participent à son apparition. La région sous-maxillaire n’est pas constituée d’un seul tissu : elle comprend la peau, le tissu sous-cutané, les fascias, les muscles et un réseau lymphatique superficiel. Elle est également en continuité avec la mâchoire et le cou. C’est pourquoi une même apparence de « double menton » peut nécessiter des stratégies différentes.

Lorsque la zone présente une stagnation de liquides, le taping peut être utilisé dans un objectif de drainage lymphatique. Les découpes en fines languettes permettent de couvrir une surface relativement importante avec une stimulation très légère. Les mouvements naturels de la peau et l’élasticité du tape créent de petites variations mécaniques dans les tissus superficiels. L’application est alors orientée selon les voies de drainage afin d’accompagner le déplacement des liquides interstitiels et la circulation lymphatique. Ici, la direction de pose et la position de l’ancre sont essentielles : elles font partie intégrante du protocole. 

Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2024 montre que le kinesiotaping peut contribuer à réduire l'œdème facial, ce qui soutient son utilisation comme technique complémentaire lorsqu'une composante liquidienne est prédominante. The Effect of Kinesiotaping on Edema: A Systematic Review and Meta-analysis, Musculoskeletal Science and Practice, 2024.

Lorsque des tensions musculaires participent au déséquilibre du bas du visage, l’approche change. Le tape exerce une stimulation sensorielle continue sur la peau et les tissus pendant toute la durée de la pose. Les mécanorécepteurs cutanés transmettent ces informations au système nerveux, ce qui peut influencer la perception de la tension et le contrôle neuromusculaire. 
C’est le même principe général qui explique l’utilisation du kinesiotaping dans le domaine sportif pour accompagner le travail musculaire. Sur le visage, cette action peut être intégrée au travail de la région sous-maxillaire, mais également, lorsque cela est nécessaire, à celui des masséters, du cou ou des trapèzes. Le double menton est alors considéré dans son environnement mécanique et non comme une zone isolée.

Lorsque les tissus présentent une diminution de mobilité, le taping apporte un autre type de stimulation. À chaque mouvement de la tête, du cou ou de la mâchoire, la bande accompagne de très petits déplacements de la peau. Cette sollicitation répétée peut compléter un travail manuel destiné à améliorer la mobilité des différentes couches tissulaires. C’est notamment pour cette raison que le taping peut être intéressant après un massage myofascial, un modelage ou une autre technique de mobilisation : le travail manuel agit pendant la séance, tandis que le tape continue à stimuler la région pendant plusieurs heures.

Lorsque le tissu adipeux représente une composante importante du double menton, le taping s’intègre dans une prise en charge plus globale. Dans cette situation, il devient particulièrement intéressant de combiner plusieurs leviers : une alimentation adaptée et, lorsqu’elle est nécessaire, une diminution globale du poids, mais également le mouvement, le travail musculaire, le massage, le modelage et les techniques permettant d’améliorer la mobilité des tissus. Le taping complète ce travail en apportant une stimulation mécanique prolongée à la région et, selon l’application choisie, en accompagnant également le drainage et le travail tissulaire.

Lorsque les tissus ont tendance à descendre et que l’ovale perd progressivement sa définition, il faut encore élargir l’observation. La région sous le menton est en continuité avec l’ensemble du bas du visage et du cou. Une application localisée peut être utile, mais elle gagne en cohérence lorsqu’elle est associée, si nécessaire, au travail des structures qui influencent la position et les tensions des tissus. Le choix du protocole se fait donc à partir de l’ensemble du visage et non uniquement à partir de ce que l’on voit sous le menton.

C’est précisément ce qui rend le taping intéressant : une même technique peut être utilisée avec des objectifs différents selon la découpe, la direction de pose, la tension et les structures que l’on souhaite accompagner. Pour un double menton à dominante lymphatique, musculaire, tissulaire ou adipeuse, la stratégie ne sera donc pas identique.

Et surtout, le taping n’a pas besoin d’être opposé aux autres techniques. Il peut être utilisé seul lorsqu’une application précise répond au besoin observé, ou devenir un outil complémentaire dans un travail plus complet associant massage, travail myofascial, exercices, drainage, modelage et prise en charge des habitudes qui entretiennent le déséquilibre. C’est cette association intelligente des techniques qui permet de travailler la région sous-maxillaire dans toute sa complexité. Pour comprendre les bases de cette méthode, l’article sur les bandes de kinésiologie détaille le fonctionnement du taping, son action mécanique, sensorielle et son intérêt dans une routine de rajeunissement naturel. 

Cartographie anatomique du drainage facial

Pourquoi le double menton ne dépend-il pas uniquement de la zone sous le menton ?

La région sous-maxillaire fait partie d’un ensemble biomécanique beaucoup plus vaste. Son apparence dépend non seulement des tissus situés directement sous le menton, mais également de la position de la tête, de la mobilité du cou, de l’équilibre de la mâchoire et des tensions musculaires qui s’exercent autour de cette région. C’est pourquoi travailler uniquement l’endroit où le volume est visible ne suffit pas toujours.

La position de la tête joue notamment un rôle important. Lorsque la tête est régulièrement projetée vers l’avant — une posture fréquente devant un téléphone ou un ordinateur — les rapports entre le menton, la mandibule et le cou se modifient. Certains muscles doivent travailler davantage pour stabiliser la tête, tandis que les tissus de la partie antérieure du cou sont soumis à une organisation mécanique différente. Visuellement, cette posture peut raccourcir l’angle entre le menton et le cou et accentuer les plis de la région sous-maxillaire. 

C’est pourquoi la posture influence directement la jeunesse du visage, car une tête projetée vers l’avant peut modifier le cou, la respiration, le drainage, l’ovale et la région sous-mentonnière.

La mâchoire constitue un autre élément à observer. Les masséters sont des muscles puissants de la mastication. Lorsqu’ils sont très sollicités, notamment par le serrement des dents ou certaines habitudes de mastication, leur activité peut influencer l’équilibre musculaire et fascial du bas du visage. Les fascias créent en effet des continuités entre différentes structures : une zone de tension n’est donc pas nécessairement sans conséquence sur les tissus voisins.

Le cou et les trapèzes participent également à cet équilibre. Une tension importante dans cette région peut accompagner une modification de la posture de la tête et de la mobilité cervicale. Or le cou constitue aussi une région essentielle pour les circulations veineuse et lymphatique du visage. Il est donc intéressant d’observer sa mobilité et son environnement tissulaire lorsqu’un gonflement accompagne le double menton.

C’est ici que le travail devient véritablement personnalisé. Une personne peut avoir besoin principalement d’une application sous-maxillaire, tandis qu’une autre bénéficiera d’un travail complémentaire sur les masséters, le cou ou les trapèzes. Le massage, les exercices posturaux, le travail myofascial et le taping peuvent alors être combinés en fonction de ce que l’observation met en évidence.

Cette vision globale permet surtout de comprendre une chose essentielle : la zone où l’on voit le problème n’est pas toujours la seule zone qui participe à sa formation. Pour travailler le double menton de manière cohérente, il faut donc regarder non seulement le volume sous le menton, mais également les forces, les tensions et les habitudes posturales qui influencent l’ensemble du bas du visage.

Pourquoi préparer les tissus avant la pose du tape ?

Préparer la région sous-maxillaire avant la pose du tape ne sert pas simplement à rendre le soin plus agréable. Lorsqu’un massage, un travail myofascial ou une mobilisation tissulaire est réalisé auparavant, plusieurs phénomènes mécaniques et physiologiques se produisent dans les tissus. Le tape est ensuite posé sur une zone dont les conditions ont déjà été modifiées.

Le premier changement concerne la mobilité entre les différentes couches tissulaires. Sous la peau se trouvent le tissu sous-cutané, les fascias et les structures musculaires. Ces couches doivent pouvoir glisser les unes par rapport aux autres. Lorsque certaines zones sont moins mobiles ou présentent des tensions, le travail manuel applique des forces de compression, d’étirement et de cisaillement qui mobilisent progressivement ces interfaces. Le but n’est donc pas seulement de « masser la peau », mais de créer du mouvement dans les tissus sur lesquels le tape va ensuite agir. 

Pour préparer correctement la zone, il est utile de connaître les différents types de massage du visage, leurs bienfaits, leurs limites et les précautions à respecter avant d’associer massage, drainage et taping.

Le massage produit également des variations locales de pression. La compression puis le relâchement des tissus favorisent le déplacement des liquides interstitiels et influencent la microcirculation locale. Lorsqu’une composante de gonflement est présente sous le menton, un drainage manuel adapté peut ainsi commencer à mobiliser les liquides avant même la pose. Une application lymphatique peut ensuite prendre le relais et accompagner ce travail pendant plusieurs heures.

Il se produit aussi un phénomène particulièrement intéressant au niveau du système sensoriel. La peau, les fascias et les muscles contiennent de nombreux récepteurs sensibles au toucher, à la pression, à l’étirement et au mouvement. Le massage fournit au système nerveux une quantité importante d’informations sensorielles. Cette stimulation peut modifier la perception de tension de la zone et participer à des ajustements du contrôle neuromusculaire. Lorsque le tape est posé ensuite, il apporte une stimulation cutanée plus légère mais beaucoup plus prolongée.

À l’échelle cellulaire, les tissus conjonctifs sont également sensibles aux contraintes mécaniques. Les fibroblastes, notamment, réagissent à leur environnement mécanique par un processus appelé mécanotransduction : un changement de pression, d’étirement ou de tension peut être transformé en signaux intracellulaires. Ces mécanismes participent à la façon dont les cellules du tissu conjonctif répondent aux contraintes qui leur sont appliquées.

Il ne s’agit évidemment pas d’une transformation instantanée du double menton après quelques minutes de massage, mais cela permet de comprendre que le tissu vivant ne reçoit pas une manipulation mécanique de manière passive. Une étude publiée dans BMC Research Notes montre que la stimulation mécanique des tissus conjonctifs peut influencer les fibroblastes dermiques, ce qui confirme que les tissus vivants ne reçoivent pas passivement les pressions, étirements et mobilisations appliqués avant la pose du tape. Mechanical stimulation of human dermal fibroblasts regulates pro-inflammatory cytokines: potential insight into soft tissue manual therapies, Aric Anloague et al., BMC Research Notes, 2020.

La préparation peut également concerner les muscles qui influencent indirectement la région sous-maxillaire. Si l’observation met en évidence des tensions importantes au niveau de la mâchoire, du cou ou des structures voisines, travailler ces régions avant la pose peut modifier temporairement leur état de tension et leur mobilité. Le tape est alors utilisé après ce premier travail, plutôt que d’être posé sur une zone dont certaines contraintes mécaniques n’ont pas été prises en compte.

Préparer la région sous-maxillaire avant taping

Et si l’on ne prépare pas les tissus ?

Cela ne signifie pas que le taping devient automatiquement inefficace. Le tape peut être utilisé comme technique à part entière, à condition que l’application corresponde à l’objectif recherché. En revanche, lorsqu’une zone présente une mobilité tissulaire réduite, un gonflement important ou des tensions associées, poser directement le tape signifie que l’on renonce au travail préparatoire que les mains peuvent réaliser immédiatement et de manière beaucoup plus ciblée. Le massage et le taping ne font pas exactement la même chose : le travail manuel permet d’intervenir directement et précisément sur les tissus ; le tape apporte ensuite une stimulation plus douce et prolongée dans le temps.

Il existe enfin une préparation beaucoup plus simple mais indispensable : celle de la peau. Avant toute application, elle doit être propre, sèche et dépourvue de crème, d’huile ou de produit gras. Après un massage utilisant un produit cosmétique, il faut donc nettoyer soigneusement la région avant de poser les bandes. Sinon, l’adhésif adhère moins correctement, les bords peuvent se décoller prématurément et l’application perd une partie de sa stabilité. La logique est donc différente selon la situation : on ne masse pas obligatoirement avant chaque taping, mais lorsqu’un travail manuel est indiqué, le réaliser avant la pose permet d’effectuer d’abord une intervention ciblée sur les tissus, puis de laisser le tape accompagner la région pendant plusieurs heures. Le massage prépare ; le tape prolonge et complète.

Les erreurs à éviter avec le taping du double menton

Une application de taping peut être parfaitement découpée et pourtant perdre une grande partie de son intérêt si elle est mal utilisée. Sur la région sous-maxillaire, plusieurs erreurs sont particulièrement importantes à éviter, car cette zone est mobile, sensible et directement influencée par les mouvements de la mâchoire et du cou.

- La première erreur consiste à mettre trop de tension dans le tape. Une traction importante ne signifie pas que les tissus seront davantage « remontés » ou que le résultat sera meilleur. Au contraire, une tension excessive peut provoquer une sensation désagréable, augmenter les contraintes exercées sur la peau et créer des plis ou des zones de compression qui ne correspondent pas au travail recherché. La tension doit toujours être celle prévue pour l’application choisie.

- Une autre erreur consiste à utiliser la même application pour tous les doubles mentons. Nous avons vu que le volume sous-maxillaire peut comporter une composante lymphatique, adipeuse, tissulaire ou être influencé par des tensions et des déséquilibres des régions voisines. Une application de drainage et une application destinée à travailler davantage les tissus n’ont donc ni la même construction ni le même objectif.

- Il faut également éviter de chercher à tirer mécaniquement les tissus vers le haut. Le kinesiotaping n’est pas un lifting adhésif. Lorsque l’on exerce une traction excessive pour obtenir immédiatement un effet visuel, on s’éloigne du principe physiologique du taping. L’action recherchée repose sur une stimulation mécanique et sensorielle adaptée, maintenue pendant plusieurs heures, et non sur une mise en tension forcée de la peau.

- La direction de la pose est particulièrement importante lorsqu’on réalise une application lymphatique. Les voies de drainage et la position de l’ancre font partie de la construction du protocole. Une bande de drainage ne doit donc pas être retournée ou orientée différemment simplement parce que la position paraît plus esthétique ou plus facile à réaliser.

- Une autre erreur fréquente est de négliger la peau avant la pose. Une peau recouverte d’huile, de crème, de sérum ou encore humide après un soin diminue l’adhérence du tape. Après un massage, il faut nettoyer et sécher soigneusement la région avant l’application. À l’inverse, il ne faut pas chercher à compenser une mauvaise adhérence en étirant davantage la bande.

- Enfin, multiplier les bandes n’améliore pas nécessairement le résultat. Superposer différentes applications sans logique peut envoyer plusieurs stimulations mécaniques simultanées à une même région et rendre le protocole inutilement complexe. Le choix doit rester précis : observer, identifier l’objectif, puis sélectionner l’application correspondante.

Une bonne pose n’est donc pas celle qui tire le plus ou qui utilise le plus de tape. C’est celle qui respecte l’anatomie de la région, la fonction recherchée et les règles propres à l’application choisie.

Guide du taping du double menton

Précautions et contre-indications du taping du double menton

La région sous-maxillaire se trouve à proximité du cou et de structures vasculaires et lymphatiques importantes. Une application de taping dans cette zone doit donc toujours être réalisée avec prudence. Avant de chercher à modifier l’apparence du double menton, il faut s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un gonflement inhabituel ou d’une situation nécessitant un avis médical.

- Le tape ne doit pas être appliqué sur une peau blessée, irritée ou présentant des lésions actives. Il faut également éviter l’application en présence d’une affection dermatologique active, notamment d’eczéma, d’une infection fongique, d’un ulcère ou d’une acné inflammatoire importante dans la région concernée.

- Le taping doit également être évité en cas d’infection aiguë, notamment lors d’un rhume important, d’une grippe, d’une infection virale aiguë ou d’un herpès actif. Cette précaution prend encore davantage d’importance lorsqu’on envisage une application de drainage : stimuler volontairement les mouvements des liquides lymphatiques n’est pas indiqué dans un contexte infectieux aigu.

- Une prudence particulière est nécessaire lorsqu’une personne présente une pathologie connue du système lymphatique ou un gonflement dont l’origine n’est pas clairement identifiée. Un volume apparu brutalement sous la mâchoire, une masse localisée, un gonflement douloureux ou persistant ne doit pas être considéré automatiquement comme un problème esthétique. Dans ce cas, on ne pose pas de tape pour essayer de le faire disparaître : l’origine doit d’abord être évaluée par un professionnel de santé.

- Certaines situations générales nécessitent également un avis médical préalable, notamment en présence d’une insuffisance cardiovasculaire, rénale ou hépatique, d’un diabète, de problèmes respiratoires importants ou d’une maladie oncologique. La prudence est particulièrement importante lorsque l’application recherchée possède une composante lymphatique, car une modification des mouvements de liquides n’a pas les mêmes implications chez une personne en bonne santé que chez une personne présentant une pathologie affectant leur régulation.

- Il faut aussi prendre en compte la tolérance cutanée à l’adhésif. Avant une première utilisation, un test sur une petite zone permet d’observer la réaction de la peau. Une rougeur légère et transitoire immédiatement après le retrait peut parfois correspondre à la stimulation mécanique de la peau ; en revanche, des démangeaisons importantes, une sensation de brûlure, une douleur, des plaques ou une rougeur persistante imposent le retrait du tape et l’arrêt de l’application.

- Pendant la pose, le tape ne doit jamais provoquer de douleur, d’engourdissement, de sensation de compression importante ou de difficulté à bouger normalement la mâchoire et le cou. Une application esthétique ne doit jamais être inconfortable au point d’être « supportée » pour obtenir un résultat. Si une sensation inhabituelle apparaît, la bande doit être retirée.

- Enfin, il faut respecter la durée, la fréquence et les associations prévues pour chaque protocole. La peau et les tissus ont besoin de temps pour répondre aux stimulations et récupérer entre les applications. Avec le taping, davantage n’est pas nécessairement mieux : la précision et la régularité sont beaucoup plus importantes que l’intensité.

Exercice pratique : le bandage sous-maxillaire

Objectif :

Cette application est destinée au travail de la zone sous-maxillaire. Elle permet d’agir sur la composante musculaire du double menton et s’utilise en alternance avec l’autre application prévue pour cette zone.

  • Préparation :

- À l’aide d’un centimètre de couture, ouvrez grand la bouche et mesurez la distance allant du bord de l’oreille droite jusqu’à la commissure gauche des lèvres. Cette mesure détermine la longueur nécessaire.
- Découpez une bande de tape de 5 cm de largeur correspondant à la mesure obtenue.
- Coupez cette bande afin d’obtenir 4 bandes de 1,2 cm de largeur, puis arrondissez soigneusement leurs angles.
- Découpez ensuite un carré de tape de 5 × 5 cm.
- Pliez ce carré suivant sa diagonale et découpez-le le long de la pliure afin d’obtenir un triangle.

  • Pose :

- Pliez le triangle et déchirez le papier protecteur en son centre. Retirez une petite partie du papier, puis placez cette ancre sous le menton, la pointe du triangle dirigée vers l’extérieur. Laissez les deux extrémités libres.
- Retirez le papier protecteur d’un côté du triangle et collez le tape. Frottez-le délicatement pour activer l’adhésif. Procédez de la même manière de l’autre côté.
- Prenez la première bande et retirez environ 1 cm de papier protecteur à sa base.
- Fixez le début de la bande près de l’oreille droite, au niveau de l’angle de la mâchoire.
- Maintenez cette partie avec un doigt et retirez progressivement le reste du papier protecteur. Faites passer la bande sous le menton, par-dessus le triangle et sans étirer le tape.
- Lorsque vous arrivez au bord opposé de la mâchoire, ouvrez la bouche et terminez la pose avec la bande détendue, à environ 2 cm de la commissure gauche des lèvres. Frottez délicatement le tape pour activer l’adhésif.
- Prenez la deuxième bande et réalisez la même application en partant du côté opposé. Les deux bandes doivent se croiser sur le triangle placé sous le menton.
- Posez les deux dernières bandes de la même manière, parallèlement aux deux premières et environ 3 mm plus haut.

  • Durée de l’application :

- Conservez l’application pendant 8 heures.

  • Retrait du tape :

- Appliquez un peu d’huile, de lotion ou d’eau sur les bandes afin de ramollir l’adhésif et de faciliter leur retrait.

- Soulevez doucement une extrémité du tape, puis retirez la bande lentement tout en maintenant la peau avec les doigts. Procédez progressivement afin de respecter la peau et d’éviter de l’irriter.

Questions fréquentes (FAQ)

Le taping double menton peut-il réellement aider à réduire son apparence ?

Oui, selon les facteurs qui influencent la zone. Le taping peut accompagner le drainage, le travail des tissus et certaines tensions musculaires. Lorsque le double menton comporte une composante adipeuse importante, il s’intègre plutôt dans une approche globale.

Le taping peut-il agir lorsqu’il y a du tissu adipeux sous le menton ?

Il peut être utilisé comme technique complémentaire, mais il ne fait pas disparaître directement le tissu adipeux. Dans ce cas, il est intéressant de l’associer à une alimentation adaptée, à l’activité physique, au massage, au modelage et au travail postural selon les besoins.

Pourquoi utilise-t-on une application de drainage pour le double menton ?

Lorsque l’aspect de la zone est influencé par une accumulation de liquides, une application lymphatique peut accompagner leur drainage physiologique. Il est donc important de différencier une composante liquidienne d’une composante principalement adipeuse.

La posture peut-elle accentuer l’apparence du double menton ?

Oui. Une tête régulièrement projetée vers l’avant modifie la position du cou et l’angle sous le menton. Le travail postural peut donc compléter le taping lorsque ce facteur participe à l’apparence de la zone.

Faut-il masser avant de poser le tape ?

Pas systématiquement. Cependant, lorsque les tissus présentent des tensions ou une mobilité réduite, le massage ou le travail myofascial peut préparer la zone avant la pose du tape.

Combien de temps faut-il garder le tape sur le double menton ?

La durée dépend de l’application utilisée. Pour l’exercice pratique présenté dans cet article, le tape est conservé pendant 8 heures.

Peut-on dormir avec le tape sous le menton ?

Oui, lorsque le protocole et la durée de l’application le permettent. Le tape doit rester confortable et être retiré immédiatement en cas de douleur, de brûlure, de démangeaisons importantes ou de réaction cutanée inhabituelle.

Peut-on associer le taping du double menton à d’autres zones ?

Oui. Selon les facteurs observés, il peut être pertinent de travailler également les masséters, le cou, les trapèzes ou le drainage lymphatique. L’objectif est de tenir compte des différentes structures qui peuvent influencer la région sous-maxillaire.

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Le conseil du cœur de Dorina ❤️

Le double menton est une zone que l’on regarde parfois avec beaucoup de sévérité. On tire la peau, on cherche le bon angle devant le miroir, on compare son profil… et l’on oublie facilement que notre visage et notre corps ne sont jamais figés. Prendre soin de cette zone, ce n’est pas simplement chercher à modifier son apparence. C’est aussi apprendre à observer ce qui se passe autour : notre posture, les tensions de la mâchoire et du cou, notre façon de tenir la tête, nos habitudes quotidiennes et tout ce qui peut progressivement influencer l’équilibre du visage.

Lorsque vous posez votre tape, profitez donc de ce moment pour vous redresser doucement. Relâchez la mâchoire. Allongez la nuque. Respirez profondément. Quelques minutes d’attention portées à votre corps peuvent parfois nous rappeler des habitudes que nous répétons toute la journée sans même les remarquer. Et surtout, ne transformez pas votre routine beauté en combat contre vous-même. Les techniques que je vous partage sont là pour vous accompagner, pas pour vous apprendre à chercher sans cesse quelque chose à corriger. Prenez soin de votre visage avec patience, curiosité et régularité. Cherchez à comprendre votre corps avant de vouloir le changer. C’est souvent à cet endroit précis que le soin devient beaucoup plus qu’un geste esthétique : il devient une manière de mieux se connaître.

Avec tout mon amour,

Dorina ❤️

P.S. Votre profil n’a pas besoin d’être parfait pour être beau. Mais il mérite, comme le reste de vous, toute votre attention et votre douceur.